NORTH
LA
PRESSE Le
mercredi 10 septembre 2008
Grandiose Mahler
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Spectacle très impressionnant aussi que celui des huit solistes :
cinq femmes aux robes très colorées et trois hommes, tous de différentes
nationalités.
Photo André Pichette, La Presse
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Claude
Gingras
Dieu merci, ils ne
sont pas 1000! Le bruit... pardon, le volume sonore assourdissant projeté par
les quelque 400 exécutants vers les 3000 auditeurs remplit tout l'espace: on ne
pourrait en prendre davantage, la scène non plus, qui offre un spectacle
absolument nouveau avec ces rangs de choristes, enfants devant, adultes
derrière, s'étendant de chaque côté au-delà du cadre, vers les coulisses.
La Symphonie des Mille de Mahler, grandiose et
impressionnante même avec 383 participants, ouvrait hier soir la 75e saison de
l'Orchestre Symphonique de Montréal.
Le président du
Conseil d'administration de l'OSM, Me Lucien Bouchard, vient d'abord souhaiter
«la plus cordiale des bienvenues» au maire et à l'auditoire. Ce qui retarde un
peu le début: le Mahler commencera à 20 h 10 pour se terminer à 21 h 37.
On ne va pas se pencher encore une fois sur la signification de cette oeuvre
proprement délirante qui débute en latin et se termine en allemand, cette
oeuvre où Mahler a voulu donner l'impression d'«un univers en train de vibrer
et de résonner». Cette impression, Nagano l'a obtenue de son orchestre très
augmenté et de ses excellents choeurs, d'abord en première partie puis à la
toute fin, comme il se doit. En total contraste, il a créé le plus bel effet de
mystère dans ce début de deuxième partie où le choeur murmure et où l'orchestre
est réduit à quelques pizzicati.
Spectacle très impressionnant aussi que celui des huit solistes: cinq femmes
aux robes très colorées et trois hommes, tous de différentes nationalités. La
petite Aline Kutan reste assise et muette jusqu'à la toute fin, où elle devient
Mater Gloriosa. Mais les sept autres sont très sollicités et rivalisent de
puissance avec le choeur. On peut faire abstraction des paroles. Ce qui compte,
c'est la ferveur qui anime tout ce monde et qui gagne l'auditoire, malgré
longueurs et naïvetés.
De ces huit voix, deux à retenir: l'Américaine Janice Chandler-Eteme en
Pécheresse et le Néo-Zélandais Simon O'Neill à l'exact timbre heldentenor
de Doctor Marianus. Mme Chandler (sans le «Eteme») chantait dans la
présentation de 1999, même salle.
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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL et CHOEUR DE L’OSM (dir. Michael Zaugg).
Solistes: Jennifer Wilson, Janice Chandler-Eteme et Aline Kutan, sopranos,
Mihoko Fujimara et Susan Platts, mezzo-sopranos, Simon O’Neill, ténor, Sergueï
Leiferkus, baryton, et Reinhard Hagen, basse. Chef d’orchestre: Kent Nagano.
Hier soir, salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts; reprise ce soir, 20 h. Série
«Grands Concerts».
Programme: Symphonie no 8, en mi bémol majeur, pour grand
orchestre, deux chœurs mixtes, chœur d’enfants et huit voix solistes (Symphonie
des Mille) (1906) – Gustav Mahler
10 Sep 2008 The Gazette ARTHUR KAPTAINIS GAZETTE MUSIC CRITIC

Photo:
VINCENZO D'ALTO, THE GAZETTE
Kent Nagano opened the Montreal Symphony Orchestra’s 75th season last
night at Place des Arts with Mahler’s Symphony No. 8.
MSO starts with a big statement
And
there’s still room for growth
Grand in scale and lofty in
spirit, Mahler's Eighth Symphony is a score that makes a statement simply by
being performed. It is my pleasure to report that last night it seemed like
more than a ceremonial device for opening the 75th season of the Montreal
Symphony Orchestra.
Rest assured that the 135
instrumentalists, 240 choristers and eight soloists - 383 in all - fired on queue
and made a mighty sound for Kent Nagano in Place des Arts. The concluding
minutes, arching from mystical whispers to a full-throttle apotheosis, were
worth the price of admission alone.
There were other pleasures in the
second part, a setting of the conclusion of Goethe's Faust that lasts almost an
hour on its own. Nagano
managed a fair portrait of a romantic forest at the outset. If the lower
registers were gruffly dealt with by baritone Sergei Leiferkus and bass
Reinhard Hagen, the tenor Simon O'Neill created a young, clarion sound in the
crucial role of Doctor Marianus.
The women, all individual voice
types, were nicely cast. Jennifer Wilson was a fierce dramatic soprano. Janice
Chandler-Eteme, as the transformed Gretchen, was poised and radiant. Nagano might have added
some drama to the presentation by placing one or two of the ladies elsewhere in
the hall. It is one way to make the entry of the Mater Gloriosa (in this case,
Aline Kutan) seem exceptional.
The choir, prepared by Michael
Zaugg in his official debut as chorus master, stretched the span of the stage
of Salle Wilfrid Pelletier, its side walls having been removed to accommodate
the numbers. Adults were good, especially through the aforementioned
conclusion. It was clever to render the hermits' chorus in harsh sibilants - a
touch of verismo.
But
the best impression was made by the sweet, velvety boys of Les Petits Chanteurs
du Mont-Royal. Note that Bruno Walter likewise found the
children most inspired at the first performance, under Mahler, in 1910.
Is there room for improvement in
the repeat tonight? The first movement, a setting of Veni, Creator Spiritus,
came across as an exuberant exercise in counterpoint, but not much more. Adding
five minutes to this, with more aspirated phrases, and taking five from the
second movement would create a more balanced 87 minutes. Some high woodwind
passages lacked optimum focus.
With so many diverse components,
the Eighth is hard to unify. Why does the Latin first movement, stalwart and
contrapuntal, have to do with the German, arch-romantic second? Only the
greatest performances answer the question, or make the question seem
impertinent.
But this was a good Mahler Eighth. And good is good enough.
akaptainis@sympatico.ca
© The Gazette (Montreal)
2008
LE DEVOIR mercredi, 10
septembre 2008
Concerts classiques –
Le grandiose bien tempéré
Christophe Huss
La
dénomination «Symphonie des Mille» vaut à la Huitième de Mahler d'être
devenue un substrat à shows musicaux dans les arènes sportives (par exemple à
Paris ou Québec cette année). Sauf que Mahler n'a pas écrit de la musique
amplifiée pour gymnases!
La
salle de concert est donc à la musique de Mahler ce que la fourmilière est à la
fourmi: son habitat naturel. Et dans ce cadre, on se moque bien qu'il y ait
296, 425, 512 ou 747 exécutants. L'important est le rapport de volume et
l'impression d'une massivité hors normes. La Salle Wilfrid-Pelletier
induit un problème à cet égard: oui, on peut y présenter cette musique sans
recours à l'amplification, mais le lieu ne rend justice ni aux fins équilibres,
ni à la démesure. Ce n'est pas là qu'on ira s'éclater les tympans. Ce n'est pas
là non plus qu'on entendra la cymbale - un éclat de lumière important sur le
plan symbolique - qui s'allie aux
violons sur l'accord ouvrant la 2e partie.
La
symbolique des couleurs sonores retient particulièrement l'attention de Kent
Nagano. Dans la première partie, dès la
préparation de «accende lumen sensibus» (accorde la lumière à nos sens),
le chef fait saillir l'éclat du pupitre de trompettes. L'autre élément qui
semble fasciner le chef est le mystère. On a ainsi retrouvé les mêmes moments
forts que dans son enregistrement réalisé à Berlin: le premier quart d'heure de
la 2e partie, très lent, comme émergeant des limbes, et la patiente gradation
du Chorus mysticus final.
Au
niveau de l'assurance des exécutants, de la marge de manœuvre du chef, j'ai eu
- comme jadis dans les Gurrelieder de Schoenberg - l'impression d'assister à
une générale prometteuse plutôt qu'à un grand soir de première. Ceci ne
concerne pas les solistes, globalement excellents et au gabarit adéquat.
Quant
à la comparaison, inévitable, avec la Huitième par Talmi à Québec, pour une arène
sportive, l'OSQ avait tout de même bien fait les choses. J'avais écrit de Talmi
qu'il «ne s'embarrassait pas avec les abîmes philosophiques» sous-jacents à
l'oeuvre. Nagano, lui, ne semble penser qu'à ça. En l'état, j'ai préféré la
fièvre du concert de Talmi et, surtout, l'aboutissement total du disque
berlinois de Kent Nagano paru chez Harmonia Mundi. Nous n'en sommes pas encore
là à Montréal.
***
LES GRANDS CONCERTS
Mahler:
Symphonie n° 8 «Des Mille». Jennifer Wilson (Magna Peccatrix), Janice
Chandler-Eteme (Una Poenitentium), Aline Kutan (Mater Gloriosa), Mihoko
Fujimura (Mulier Samaritana), Susan Platts (Maria Aegyptica), Simon O'Neill
(Doctor Marianus), Sergei Leiferkus
(Pater Ecstaticus), Reinhard Hagen (Pater Profundus), Choeur et Orchestre symphonique
de Montréal, dir. Kent Nagano. Salle Wilfrid-Pelletier, mardi 9 septembre.
Reprise ce soir.
© 2008 Le Devoir
THE PROVIDENCE JOURNAL
SERVING THE BLACKSTONE VALLEY, NORTHWEST RHODE ISLAND AND THE ATTLEBORO
Thursday, June 26, 2008 - Section C - THE PROVIDENCE JOURNAL - projo.com -
In French, love songs
Les
Petits Chanteurs du Mont-Royal, the official choir of the Oratory
Saint-Joseph in Montreal, presented a concert of French Canadian
religious and secular music at St. Ann's Art & Cultural Center in
Woonsocket yesterday. Above, musical director and choirmaster Gilbert
Patenaude conducts one of his original pieces " Trois chants de
Lumière. "
At right, Zacharie LeGault sings out the " Hymn to Freedom, " by
Oscar Peterson. The choir, consisting of 180 boys age 9 through 17,
will be at SS. Peter and Paul Cathedral in Providence on Sunday.
Photos / Bob Thayer